Du G20 à Durban II, le dessous des cartes

Publié dans Voltairenet.org, par Silvia Cattori, Journaliste suisse, 22 avril 2009.

Sur fond de crise économique et financière, du G20 à Durban II, les sommets et les conférences internationales se succèdent sans que les médias dominants nous éclairent beaucoup sur ce qui s’y joue et s’y décide vraiment. Silvia Cattori a recueilli les analyses de Thierry Meyssan sur la réorganisation du monde à laquelle nous assistons. Selon lui, derrière Obama, de vieilles équipes ont repris le pouvoir. Une fois tournée la parenthèse de la guerre en Irak, Washington est revenu à son projet de guerre au terrorisme et de globalisation forcée …

… Nous avons alors assisté à un extraordinaire numéro d’intoxication. Avant que le président iranien ait pu terminer sa première phrase, trois militants de l’Union des étudiants juifs de France déguisés en clowns ont perturbé la séance. Puis, le show a continué, les ambassadeurs de l’Union européenne ont quitté la salle. Tout a été fait pour que le public occidental n’ait pas connaissance des propos de la délégation iranienne.

Or, qu’a dit le président Ahmadinejad ? Il n’a pas appelé à rayer Israël de la carte et n’a pas nié le génocide juif. Il ne l’a d’ailleurs jamais fait contrairement aux imputations mensongères de la presse atlantiste [15].

Non. Il a apporté des éléments de réflexion [16]. Selon lui, la création de l’État d’Israël n’est pas une réparation des crimes commis contre les juifs d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale, mais la continuation de l’idéologie raciste qui caractérise non seulement le nazisme, mais aussi le colonialisme. Les juifs d’Europe furent victimes du racisme, comme les Palestiniens, les Afghans et les Irakiens en sont aujourd’hui victimes. Il ne s’agit pas d’assimiler le régime sioniste avec le régime hitlérien —deux réalités fondamentalement différentes—, mais de manière beaucoup plus large de mettre en cause l’idéologie occidentale.

Ceci étant posé, Mahmoud Ahmadinejad a dénoncé le rôle du Conseil de sécurité dans l’immunité des crimes racistes en Palestine, en Afghanistan et en Irak. Et il a conclu en requérant l’abrogation du droit de veto des grandes puissances au Conseil de sécurité. Il a plaidé pour des institutions internationales démocratiques, où chaque État disposera d’une voix égale, y compris au FMI et à la Banque mondiale qui ont actuellement un scrutin censitaire. Pour lui, l’idéologie raciste s’exprime à l’ONU par la hiérarchie établie entre les États ; hiérarchie au sommet de laquelle se trouvent les cinq membres permanents du Conseil de sécurité.

Au demeurant, l’attitude des Anglo-Saxons et des Européens, qui ont boycotté la conférence, perturbé son discours et quitté la salle, atteste leur refus d’institutions démocratiques et donne raison au président iranien. (full text).

Comments are closed.