Honduras : la résistance populaire est proche de la victoire

Publié sur Voltairenet.org, par  Arnold August, 1er Novembre 2009.

…C’est le 28 juin que l’ordre constitutionnel a été renversé au Honduras par un coup d’État et le président Zelaya expulsé de son propre pays; ce faisant, le germe du « Front national contre le coup d’État » venait d’être planté. Depuis, il évolue tous les jours sur les plans politique et organisationnel, en osmose avec le peuple, faisant preuve de courage et de détermination face à la répression et aux assassinats. Non seulement le Front a organisé d’immenses manifestations pacifiques dans les villes, mais il a également créé des milliers de cellules et d’activités locales, en milieu urbain et rural, dispensant en outre une formation politique. Le président Zelaya et le gouvernement légitime évoluent eux aussi et se radicalisent. 

Celui-ci a d’ailleurs maintenu en place son administration, durant son exil comme depuis sa présence à l’ambassade brésilienne. En outre, M. Zelaya s’est rendu lui-même à Washington ainsi que dans plusieurs capitales sud-américaines pour accroître les soutiens dont il disposes. Par deux fois, il a tenté de rentrer pacifiquement dans son pays par avion et par voie terrestre. Il y est finalement arrivé lors de son troisième essai, malgré les graves dangers qui l’attendaient.

Durant les négociations entre les putschistes et le gouvernement légitime, soutenu par ses alliés du Front, le gouvernement de facto de Micheletti joue la montre. Il tente de gagner du temps en essayant de diviser les forces de la résistance et d’affaiblir le mouvement de masse dans les rues, espérant à terme se légitimer par de nouvelles élections. Néanmoins, les trois forces en question sont désormais plus unies que jamais: le Front et ses adhérents, provenant à la fois des organisations syndicales et sociales et de ses sympathisants dans les rues; les deux candidats potentiels aux élections présidentielles, tous deux rattachés directement au Front, et le gouvernement Zelaya. Dans cette situation compliquée, leurs tactiques combinées sont un exemple parmi tant d’autres de l’évolution rapide qui caractérise la maturité politique et l’esprit de tous les groupes formant la résistance. Toutes ces forces, loin de succomber aux tactiques impérialistes habituelles cherchant à diviser pour mieux régner, ne font que s’unir davantage. La résistance dans les rues, les nouvelles forces politiques ainsi que le gouvernement constitutionnel de Zelaya se complètent les uns les autres.

Voici des extraits d’un entretien téléphonique exclusif entre Zelaya et un média international, rapporté par le journaliste Giorgio Trucchi présent sur les lieux: …

… L’année 2009 au Honduras marque un tournant décisif pour ce pays, que Zelaya a tenté de sortir de sa condition de nation parmi les plus pauvres d’Amérique latine, et d’émanciper de son statut de colonie économique et militaire des États-Unis. Même si la transformation à laquelle nous assistons n’est pas terminée et le président Zelaya toujours pas rétabli dans ses fonctions, la victoire du peuple hondurien semble inéluctable, à l’instar de ce qu’ont déjà vécu les Cubains, les Vénézuéliens, les Boliviens, les Nicaraguayens, les Équatoriens et d’autres encore. (long texte entier).

Links:

A Tiny Yellow Pencil, October 23, 2009;

Google News-results for Arnold August;

Arnold August Interview, by Stuart Richardson, 12 May 2008;

Arnold August on Cuban Democracy, April 17, 2008;

Google Video-results for Arnold August.

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