Cameroun: Mutilations génitales féminines, une association interpelle l’Etat

Publié dans allAfrica, by Prosper Rémy Mimboé, 31 Mars 2011.

Ai-Cameroun: Après la concertation entre les autorités religieuses et traditionnelles du quartier Briqueterie et la ministre de la Promotion de la femme et de la famille, lors de la 4ème journée de la tolérance zéro aux mutilations génitales féminines, l’association des femmes et filles de l’Adamaoua dans le Grand Nord monte d’un cran dans le combat en proposant une loi au gouvernement.

L’Association des femmes et filles de l’Adamaoua (AFFADA), dont les objectifs fondamentaux sont la lutte pour l’épanouissement et surtout l’alphabétisation de la jeune fille camerounaise en général et, celle de la région de l’Adamaoua en particulier, organise depuis peu, un certain nombre d’activités dans le cadre de la célébration de ses dix ans existence.

Une dizaine d’années marquées par des actes de faisances qui, selon Mme Lucrèce Djabou, chargée de missions au sein de cette association, se déclinent en plusieurs dons. C’est le cas par exemple des tables bancs et du matériel didactique pour les enfants tant dans les écoles publiques que dans celles dites de parents, ou encore, des médicaments et autres consommables médicaux tels que les lits d’hospitalisation dans divers localités de la région de l’Adamaoua, pour ne citer que ceux là.

Pour marquer de façon indélébile ce dixième anniversaire, les membres de l’AFFADA, poussées dans un élan de solidarité et grâce au soutien du Pasoc (Programme des associations et des organisations civiles), ont mené sur l’étendue de la région de l’Extrême-Nord, une enquête portant sur les mutilations génitales féminines.

En tant que pratique culturelle, les excisions dans cette partie du pays ont encore pignon sur rue. Plusieurs raisons, à en croire nos sources, expliquent cette propension. Et parmi celles-ci, l’odieuse prétention des wanzams (exciseuses ou accoucheuses) à stériliser maintenant leur archaïque matériel.

Toute chose qui fait dire à certaines femmes adeptes de la pratique, qu’il n’y a plus de risques depuis que les praticiens ont “modernisé” leurs méthodes et que c’est désormais comme à l’hôpital. D’aucune y trouvent une fierté de la coutume parce que, disent-elles, cela s’est toujours fait, leurs mères, leurs grand-mères l’ont fait, donc leurs enfants seront excisées. D’où le constat selon lequel, ce sont les mamans elles-mêmes qui conduisent leurs fillettes au supplice chez les wanzams … //

Pour finir, elle a lancé un appel à l’endroit de ceux qui pratiquent les mutilations en leur demandant d’abandonner cette pratique qui relève d’un autre siècle. Ce d’autant plus que les recherches font savoir aujourd’hui que les mutilations remontent à l’ère égyptienne où les hommes étaient absents.

Mais aujourd’hui, les hommes sont là, ils sont désormais présents tous les jours. Et on peut jouir de ce plaisir tout le temps. Donc, inutile de priver la femme de ces parties génitales qui sont très importantes pour elle.
(texte entier).  http://fr.allafrica.com/stories/201103310848.html

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