Pour déjouer la dictature économique: Échange cours de piano contre travaux de plomberie

Publié dans Le Figaro, par Isabelle de Foucaud, le 30 décembre 2011.

La première «accorderie» française a ouvert ses portes à Paris. Importé du Québec, ce concept permet aux habitants d’un quartier d’échanger des services en fonction de leurs compétences. 

Le temps, c’est de l’argent. Ce proverbe universel résume parfaitement l’esprit de l’«Accorderie», un concept importé du Québec sous l’impulsion de la Fondation Macif. La toute première accorderie française a été officiellement inaugurée le 15 décembre par Bertrand Delanoë, le maire de Paris, dans le 19e arrondissement de la capitale. Son principe est simple: proposer aux habitants d’un même quartier de se regrouper pour échanger des services, gratuitement, en fonction des compétences de chacun. Un «accordeur» consacrant une heure à aider une personne âgée, par exemple, sera en échange doté d’un «crédit temps» équivalent pour bénéficier de cours de langue ou d’un coup de main en bricolage.

Outre celle de la rue de Crimée à Paris, une accorderie a ouvert ses portes à Chambéry, en Savoie. L’idée est née au Québec en 2002. Aujourd’hui, le réseau québécois compte plusieurs milliers d’accordeurs et pas moins de 800 services disponibles. Un «coup de cœur» est à l’origine de son arrivée en France. Alain Philippe, le président de la Fondation Macif, a profité de l’un de ses voyages outre-Atlantique pour ramener ce concept dans ses valises. «L’étude de faisabilité que nous avons lancée en 2010 a démontré qu’il existait une véritable attente en France», explique-t-il.

Alternative au tout-marchand: … //

… «Les gens ont des talents cachés et aussi de grands besoins»:

Dino Bendiab est un accordeur conquis. Ce consultant qui s’intéresse depuis longtemps aux initiatives alternatives comme les monnaies locales ou la location d’objets entre particuliers a souhaité «tenter l’expérience» de l’accorderie. «Ce système d’échange oblige les gens à se demander ce qu’ils peuvent offrir à leurs voisins. La démarche est très positive», estime-t-il. D’autant plus qu’un accordeur peut proposer plusieurs compétences. Dino Bendiab a ainsi de nombreuses cordes à son arc. Formé aux techniques du shiatsu, il offre aux autres accordeurs des «massages bien-être». Passionné de photographie, et disposant de tout le matériel nécessaire, il se propose également de réaliser des portraits. Enfin, il souhaite partager son talent pour les langues, à l’occasion de conversations en anglais et en italien. «Au quotidien, à mon travail, je me sers très peu de ces compétences. Autant en faire profiter les autres», explique l’accordeur. De son côté, Dino Bendiab s’est mis en quête de cours de chant et de guitare. Selon lui, l’accorderie va être un succès en France. «Ce concept a un potentiel inouï. Les gens ont des tonnes de talents cachés et aussi de grands besoins.»

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Mon commentaire:

en Ariège il y a eu à un moment le Grain-de-Sel pour remplacer la monnaie, ce qui fait que le chômage avait disparu parmi leurs participants. Le modèle fonctionnait tellement bien que des Parisiens ont repris le modèle et commencé à le reproduire chez eux avec une communauté grandissante.
C’est alors que la loi a interdit ce trafic et fait replonger ceux de leurs membres au chômage et à la misère qui s’en étaient sorti avec ce modèle.
Est-ce que maintenant notre élite serait-elle prête à employer la loi pour notre bien à tous, et pas seulement pour notre soumission?
Autre question: dans combien de temps Bertrand Delanoë, le maire de Paris se fera-t-il réprimander par ses pairs pour cette initiative?

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