Syrie TÉMOIGNAGES: c’est ainsi que tout a commencé

Publié dans Voltairenet.org, par Suha Mustafa (journaliste syrienne qui est partie à la rencontre des survivants des affrontements. Pas de ceux qui sont employés et mis en scène par les agences de communication occidentales en Turquie et en Jordanie, mais des gens simples qui fuient les combats), le  27 MAI 2012.

… La révolte a détruit des siècles de bonne entente entre musulmans et chrétiens dans la ville. Au début, les manifestations se déroulaient sans violence, jusqu’au moment où des intrus, barbus, armés et violents, sont apparus dans les rues. C’était en mai 2011.  

Ces miliciens, très excités, commencèrent à dévaster la ville, à enlever des hommes pour réclamer des rançons, à piller, à incendier les maisons et les commerces appartenant à tous ceux qui refusaient de se ranger dans leur camps, notamment les chrétiens.

Les alaouites furent leurs premières victimes [1], puis les chrétiens [2], poursuit une dame qui partageait un appartement avec deux autres familles, tout comme les 150 autres familles chrétiennes réfugiées dans les banlieues de Damas.

Elle ajoute : Quand ces fous d’Allah se mirent à scander leur trop fameux slogan, au su et au vu de tout le monde, Les alaouites dans les cercueils et les chrétiens à Beyrouth, nous avons eu peur. Leurs dignitaires religieux —tout particulièrement le cheikh Arrour [3] qui pousse au crime ces jeunes fanatiques à travers la chaine saoudienne Wesal [4]—, leur ont promis qu’ils accéderaient au paradis céleste s’ils tuaient tous les infidèles … //

… Et l’armée, ou elle est dans tout cela ?, demandons-nous à ces familles nous entourant.

Un des hommes présents répond. Selon lui, l’intervention de l’armée était nécessaire, et les gens l’ont réclamée. Mais les soldats ne peuvent pas faire face et des milliers d’entre eux ont péris depuis le début des événements. Les miliciens sont mieux armés qu’eux, ils disposent non seulement d’armes lourdes, mais aussi de systèmes de communication ultra-sophistiqués, dont l’État ne dispose pas.

Récemment, quelques jours avant que nous quittions Kossayr, raconte une jeune femme, j’ai vu deux hommes du quartier attachés à deux grosses roues d’un tracteur. C’étaient des sunnites, comme les miliciens. Nous les connaissions tous.

Ils étaient accusés à tort d’être des indics des Renseignements généraux. Ce n’étaient en fait que deux paisibles pères de famille. Les miliciens les ont brûlés vifs, attachés sur ces grosses roues. Nous savons tous qu’ils ne travaillaient pas pour la police. Ce n’était qu’un prétexte. Ils les ont tués parce qu’ils refusaient de payer l’impôt révolutionnaire.

À vrai dire, réplique un homme d’une cinquantaine d’années: ces miliciens que nous voyons depuis bientôt un an, ne sont pas tous des Syriens. Leur accent et leur manière de s’habiller les trahissent. Certains sont des Libanais de Wadi Khaled et Arsal, des bourgs limitrophes. D’autres sont des arabes de diverses nationalités. Ils sont tous venus en Syrie pour y créer un émirat islamique. C’est pourquoi ils veulent expulser du pays tous ceux qui ne leur ressemblent pas.

Nous ne sommes pas allés chercher refuge à l’étranger, comme les salafistes le veulent. Nous sommes montés à Damas en attendant des jours meilleurs où nous pourrons retourner chez nous, dans nos maisons, à Kossayr, car, nous sommes chrétiens, nés ici, dans ce pays qui est aussi le nôtre. (le texte en entier).

Links:

L’opposition syrienne prend ses quartiers d’été à Miami,

The World from Berlin: The Greeks Can’t Have Their Cake and Eat It Too;

uploader eduatgoogle (Google in Education):

World Read Aloud Day: Google+ Hangout with LeVar Burton, 27.09 min;

Leaving It All Behind – When Modern Cities Become Ghost Towns: http://www.spiegel.de/international/zeitgeist/berlin-exhibition-explores-modern-ghost-towns-a-835282.html
the Photo Gallery.

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